CÔTE D’IVOIRE : SIX CONDAMNATIONS À PERPÉTUITÉ ET 17 PEINES DE 20 ANS DE PRISON DANS LE PROCÈS DE L’ATTAQUE DE KAFOLO

La section antiterroriste du tribunal d’Abidjan a rendu lundi 27 avril 2026 son verdict dans le procès de l’attaque terroriste de Kafolo, survenue en juin 2020 dans le nord de la Côte d’Ivoire près de la frontière avec le Burkina Faso. Six accusés ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité pour actes de terrorisme, tandis que dix-sept autres ont écopé de 20 ans de prison ferme.

L’attaque de Kafolo, perpétrée le 11 juin 2020 contre un poste de contrôle militaire, avait coûté la vie à 14 soldats ivoiriens et fait plusieurs blessés. Revendiquée à l’époque par des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda opérant depuis le Burkina Faso, elle avait profondément marqué l’opinion publique ivoirienne et révélé la vulnérabilité de la zone frontalière septentrionale.

Sur les 45 personnes finalement jugées – après l’interpellation initiale d’une centaine de suspects –, le tribunal a reconnu la culpabilité de 23 d’entre elles. Les six condamnés à la perpétuité sont considérés comme les auteurs principaux, complices directs ou logisticiens majeurs de l’assaut. Les dix-sept autres ont été reconnus coupables de participation ou de soutien à l’opération terroriste. Les vingt-deux accusés restants ont été acquittés ou ont bénéficié de requalifications des faits, selon les éléments présentés durant les audiences.

Ce procès, qui s’est tenu devant la section spécialisée dans les affaires de terrorisme, symbolise selon les autorités ivoiriennes la détermination de l’État à lutter contre le terrorisme et à sanctionner tant les exécutants que leurs réseaux de soutien. Les plaidoiries de la défense, qui avaient demandé de nombreux acquittements et des requalifications, n’ont été que partiellement suivies par la cour.

Le verdict intervient près de six ans après les faits et clôt une longue procédure judiciaire. Les autorités n’ont pas encore indiqué si des appels seraient formés. Ce jugement intervient alors que la région du Sahel continue de faire face à une menace jihadiste persistante, comme l’illustrent les récentes attaques meurtrières survenues ce week-end au Mali voisin.

Alfred ZORO-BI

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