MALI : UN WEEK-END SANGLANT MARQUÉ PAR DES ATTAQUES COORDONNÉES ET LA MORT DU MINISTRE DE LA DÉFENSE

Le Mali a été secoué le samedi 25 avril 2026 par une série d’attaques coordonnées d’une ampleur inédite, menées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, en partenariat avec les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA). Ces assauts simultanés ont visé plusieurs villes du pays, dont la capitale Bamako et sa périphérie militaire de Kati, entraînant la mort du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, et semant la confusion sur le terrain.

Les attaques ont débuté tôt le matin du 25 avril avec des explosions et des tirs nourris signalés à Bamako (près de l’aéroport et de sites stratégiques), Kati, Mopti, Sévaré, Gao, Bourem et Kidal. À Kati, principale base militaire située à une quinzaine de kilomètres de la capitale, un véhicule piégé conduit par un kamikaze a frappé la résidence du ministre de la Défense. Le général Sadio Camara, figure centrale de la junte militaire au pouvoir depuis 2020 et considéré comme l’un des hommes les plus influents du régime, a été tué, ainsi que sa seconde épouse et deux de ses petits-enfants. Une partie de la résidence a été détruite par l’explosion.

Le JNIM a rapidement revendiqué ces opérations, affirmant avoir ciblé le siège du président de la transition Assimi Goïta, la résidence du ministre de la Défense, l’aéroport de Bamako et divers sites militaires. Le groupe a déclaré avoir agi en coordination avec le FLA, les rebelles touaregs revendiquant notamment le contrôle de Kidal, bastion historique du nord du Mali. Des combats ont également été signalés à Gao, Sévaré et Mopti, avec des affrontements opposant les assaillants aux Forces armées maliennes (FAMa) et aux mercenaires du Africa Corps russe.

Les autorités maliennes ont reconnu des « attaques complexes » menées par des « groupes armés terroristes ». Dans un communiqué, le gouvernement a indiqué que les FAMa, soutenues par les forces russes, avaient repris le contrôle de la situation dans la plupart des localités, affirmant avoir neutralisé « plusieurs centaines » d’assaillants. Le bilan officiel fait état d’au moins 16 blessés et de dégâts matériels, tandis qu’un couvre-feu de 72 heures a été imposé à Bamako. Deux jours de deuil national ont par ailleurs été décrétés en hommage au ministre défunt.

Les versions divergent cependant fortement entre les déclarations officielles et les revendications des groupes armés, ces derniers évoquant une offensive majeure avec des prises de positions temporaires et des pertes infligées aux forces gouvernementales. Des combats sporadiques se poursuivaient encore dimanche 26 avril dans certaines zones, notamment autour de Kidal et Gao.

Sadio Camara, âgé d’environ 47 ans, était un proche du président Assimi Goïta et un partisan du partenariat avec la Russie. Sa disparition constitue un coup dur pour la junte, déjà confrontée à un isolement international et à une insécurité persistante dans le Sahel. La Confédération des États du Sahel (AES), regroupant Mali, Burkina Faso et Niger, a dénoncé un « complot monstrueux », tandis que l’Union africaine, la CEDEAO et plusieurs chancelleries internationales ont condamné ces violences et appelé à la retenue.

Ces événements interviennent plus de dix ans après le début de la crise malienne en 2012 et soulignent la fragilité du contrôle exercé par les autorités sur l’ensemble du territoire malgré le renfort russe. La situation reste évolutive, avec des opérations de ratissage en cours et des informations parfois contradictoires en raison des difficultés d’accès au terrain. Le gouvernement n’a pas encore communiqué sur une éventuelle succession au ministère de la Défense.

Alfred ZORO-BI

Article précédentFIFA WOMEN’S SERIES 2026 : LES ÉLÉPHANTES ÉCRASENT LA MAURITANIE 8-0 POUR LEUR ENTRÉE EN LICE
Article suivantCÔTE D’IVOIRE : SIX CONDAMNATIONS À PERPÉTUITÉ ET 17 PEINES DE 20 ANS DE PRISON DANS LE PROCÈS DE L’ATTAQUE DE KAFOLO