INVITÉ DE L’ÉMISSION LA TÉLÉ D’ICI DE NCI, SINALY TEHRA, CONSEILLER SPECIAL DU MAIRE DU PLATEAU:  “LE DISTRICT N’EST PAS AU DESSUS DES COMMUNES”

Invité ce mercredi 30 septembre de l’émission La Télé d’Ici sur NCI, M. Sinaly Tehra, Conseiller spécial du Député-maire de la Commune du Plateau, a livré une intervention claire et ferme sur le conflit qui oppose la Mairie au District autonome d’Abidjan. Sans détour, il a mis en lumière ce qu’il qualifie d’atteintes graves aux compétences communales et au respect de la loi.

Dès les premières minutes, M. Tehra a décrit la manière dont les opérations de démolition se sont déroulées sur la berge lagunaire. « Il envoie des engins (…) avec des forces qui n’ont rien à voir avec les forces régaliennes qui étaient en possession de gourdins, de machettes, et même de pistolets pour tenir en respect les agents municipaux », a-t-il déclaré. Ces propos dressent le tableau d’une intervention musclée, loin des procédures ordinaires, et jettent une lumière crue sur le climat de tension imposé aux agents de la Commune.

Sur le plan juridique, le Conseiller spécial a été catégorique. « Force reviendra à la loi (…) parce que le district n’a pas compétence à détruire un ouvrage privé comme public. La seule entité étatique qui a compétence à démanteler les biens publics ou privés, c’est le Ministère de la Construction. » En rappelant ainsi les textes, M. Tehra a souligné ce qu’il considère comme un dépassement manifeste de compétences de la part du District, transformant une opération présentée comme de salubrité en une action illégale.

Il a également dénoncé ce qu’il perçoit comme une volonté d’accaparement. « On va exproprier la commune du Plateau et ses populations de cet espace pour le donner à un opérateur économique qui va faire des aménagements et qui va soumettre à paiement les accès. » Derrière la destruction d’Oxy Park II et des aménagements de la Promenade lagunaire, M. Tehra voit donc un projet de privatisation qui priverait les populations d’un espace public financé par le budget communal.

Insistant sur l’architecture institutionnelle, il a rappelé une évidence trop souvent occultée : « Le District n’est pas au-dessus des communes. Il n’y a pas de rapport hiérarchique entre elles. La loi a bien défini les choses. » Cette mise au point vise à contrer toute tentative de subordination des communes au District, contraire, selon lui, à l’esprit et à la lettre des textes.

Plus loin, M. Tehra a mis en cause le mode de gouvernance du District lui-même. « Le gouverneur n’a jamais réuni ce conseil depuis qu’il a été nommé jusqu’aujourd’hui. Il s’est substitué au conseil, il prend les décisions, il les applique en violation même des textes qui régissent l’organisation du District. Il n’a jamais respecté une seule disposition. Le conseil ne siège jamais or c’est ce conseil qui est compétent à prendre les décisions. » Ces accusations graves pointent une gestion unilatérale et une violation systématique des règles de fonctionnement du District.

Enfin, le Conseiller spécial a formulé une crainte claire : « La seule chose que nous redoutons, c’est que les décideurs publics ne recadrent pas le Gouverneur du District autonome d’Abidjan. » En appelant ainsi à un rappel à l’ordre, M. Tehra a placé la responsabilité au niveau des autorités de tutelle, estimant que le respect de la légalité institutionnelle est désormais en jeu.

À travers cette intervention, Sinaly Tehra a non seulement défendu la position de la Commune du Plateau, mais a également dressé un réquisitoire contre ce qu’il qualifie d’excès de pouvoir et de mépris des textes. Pour la Mairie, le message est limpide : la force doit revenir à la loi, et les compétences de chaque entité doivent être strictement respectées.

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