Ce jeudi 9 avril 2026, le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) célèbre ses 80 ans d’existence. Fondé le 9 avril 1946 par Félix Houphouët-Boigny, ce parti historique, incarnation de l’indépendance, de la paix et du développement de la Côte d’Ivoire, célèbre ses huit décennies au moment où il traverse l’une des périodes les plus délicates de son histoire. À la croisée des chemins, confronté à la puissante marée orange du RHDP (Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix), secoué par des revers électoraux, des ennuis judiciaires et des contestations internes, le PDCI-RDA ne s’effondre pas. Il reste debout, fidèle à son ADN de résilience.
Depuis sa création, le PDCI-RDA a traversé toutes les épreuves : lutte anticoloniale, construction de l’État moderne, coup d’ état et autres crises successives. Après le décès d’Henri Konan Bédié en 2023, Tidjane Thiam a pris la tête du parti, élu en décembre 2023 puis conforté lors du congrès de mai 2025 avec un score écrasant. Sous son leadership, le PDCI a tenté de se moderniser tout en restant ancré dans les valeurs houphouëtistes de dialogue et d’inclusion. La présidentielle de 2025 a vu sa candidature invalidée, et les législatives ont infligé un recul, le parti passant à une trentaine de députés. La machine RHDP semblait irrésistible. Pourtant, lors des partielles de début 2026, le PDCI a remporté des victoires significatives, montrant que sa base reste mobilisée et combative.
Les troubles internes n’ont cependant pas manqué : des procédures judiciaires ont visé la présidence de Thiam, avec des assignations pour constater une supposée vacance du poste ou contester sa direction. Des cadres ont exprimé des frustrations et des débats vifs ont agité le parti. Pourtant, à chaque fois, le PDCI a absorbé les chocs. Certaines plaintes se sont éteintes, et Thiam a maintenu le cap en appelant à une restructuration profonde : plus de place aux jeunes et aux femmes, une gouvernance modernisée, tout en restant fidèle à l’héritage de paix légué par Houphouët-Boigny. Ces épreuves semblent forger une nouvelle détermination.
C’est dans ce contexte que les célébrations des 80 ans prennent tout leur sens. Lancées le 2 avril, elles s’étendront sur l’année 2026 sous le thème : « PDCI-RDA, 80 ans d’expérience, de résilience et de fidélité aux valeurs du dialogue et de paix ». Au programme : conférence inaugurale ce 9 avril à Cocody, grand meeting le 18 avril à Yamoussoukro, messe commémorative à la basilique Notre-Dame de la Paix, dépôt de gerbes sur la tombe du fondateur, et diverses activités nationales. Ce n’est pas une commémoration nostalgique, mais une démonstration de vitalité. Le parti transforme ses difficultés en opportunité de renouveau et rappelle qu’il demeure une alternative crédible pour de nombreux Ivoiriens attachés à l’héritage houphouëtiste.
À 80 ans, le PDCI-RDA n’est ni affaibli ni résigné. Il est debout, conscient de ses défis mais fier de sa capacité à surmonter les tempêtes. Dans un paysage dominé par le RHDP, il incarne une opposition tenace qui refuse de disparaître. Comme le rappelait Houphouët-Boigny, il n’y a ni victoire ni défaite définitives. Le PDCI-RDA en est la plus belle illustration : malgré les ennuis judiciaires et les contestations internes, le parti reste solide et prêt à écrire son prochain chapitre. Sa résilience n’est pas un slogan, c’est une réalité vivante.
Alfred ZORO-BI






















