CÔTE D’IVOIRE : LE GOUVERNEMENT FIXE LES PRIX PLANCHERS DE LA NOIX DE CAJOU À 400 FCFA/KG BORD CHAMP POUR LA CAMPAGNE 2026

Abidjan, le 12 mars 2026 – Le gouvernement ivoirien a fixé les prix planchers obligatoires pour la commercialisation de la noix de cajou brute lors de la campagne 2026. Annoncés début février à Yamoussoukro lors des Journées nationales du producteur de l’anacarde, du coton et du karité, ces tarifs visent à protéger les revenus des planteurs tout en maintenant la compétitivité de la filière sur le marché mondial. Le prix bord champ est ainsi arrêté à 400 FCFA le kilogramme pour la noix bien séchée, bien triée et sans impuretés, contre 425 FCFA/kg lors de la campagne précédente, soit une baisse d’environ 6 %. Les autres niveaux sont fixés à 425 FCFA/kg en magasin intérieur, 454 FCFA/kg en magasin d’usine et 484 FCFA/kg en magasin portuaire.

Cette décision, prise par le ministre de l’Agriculture Bruno Nabagné Koné au nom du Premier ministre Robert Beugré Mambé, répond à un contexte international difficile marqué par le recul du dollar américain, un ralentissement de la demande – notamment aux États-Unis, principal importateur – et des mesures tarifaires restrictives imposées par certains pays. Le gouvernement décrit ce niveau de 400 FCFA/kg comme un « plancher prudent mais protecteur », destiné à assurer l’écoulement rapide de la production nationale sans compromettre durablement les marges des producteurs. Un bilan intermédiaire est prévu fin avril 2026, qui pourrait permettre une révision à la hausse si les cours internationaux se redressent favorablement.

Premier producteur mondial avec plus de 1,4 million de tonnes de noix brutes par an, la Côte d’Ivoire cherche à consolider sa position dominante tout en garantissant un revenu décent aux centaines de milliers de familles rurales des régions productrices comme Korhogo, Bondoukou ou Abengourou. Malgré la déception exprimée par certains planteurs face à cette légère baisse, les autorités soulignent que ce tarif reste dans la fourchette haute observée ces sept dernières années (entre 275 et 425 FCFA/kg selon les campagnes). La campagne a officiellement démarré mi-février, avec des brigades de contrôle mixtes déployées pour faire respecter strictement ces prix minimaux et sanctionner tout achat en deçà des seuils fixés.

La filière anacarde continue d’être un pilier essentiel de l’économie ivoirienne, générant des devises importantes et soutenant l’emploi en milieu rural. En optant pour un prix équilibré et révisable, le gouvernement espère préserver à la fois les intérêts des producteurs et l’attractivité de la production ivoirienne auprès des acheteurs et transformateurs internationaux dans un marché sous pression.

Alfred ZORO-BI

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